lundi 30 novembre 2009

Voyage en terre sainte


Chère amie, je sais que tu vas très bientôt faire un voyage dans le temps et dans l'espace.
Ce voyage n'est pas comparable au tourisme habituel et je pense que pour toi il représente encore plus que pour le commun des mortels. J'aimerai avoir tes impressions car elles seront d'une grande résonance. Il ne s'agit pas d'un descriptif avec le programme mais bien des émotions, sentiments, réflexions que ce voyage t'aura inspirés.
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Chose promise, chose accomplie.
Ce voyage a été tellement riche, imprévisible, décoiffant aussi que je ne savais que te transmettre.
Le retour est un peu difficile et mon esprit vagabonde souvent sur les bords du Lac de Tibériade, région que j'ai particulièrement aimée. Ici, joie de retrouver la famille et particulièrement les petits enfants, le temps est superbe et la presqu'île toujours aussi belle...



Petit billet « Retour d’Israël »

« Péleriner » en Terre Sainte, c’est bien sûr bible à la main, situer géographiquement et historiquement, ce que l’on nomme les Ecritures et rejoindre le dessein de Dieu en mettant nos pas dans ceux de Jésus, source de ma foi.
C’est aussi être confrontée à ce qui se vit actuellement sur la terre dite « promise » au peuple hébreu il y a plus de 3000 ans et qui depuis 60 ans vit dans le déchirement et le cloisonnement.

Depuis 2005 un mur de 8 m de haut et de 350 km de long isole la Cisjordanie avec fils de fer barbelés par endroits, miradors et check points.
Cette réalité, nous l’avons constatée en entrant à Bethléem. Les cars de touristes ne sont guère inquiétés. Des soldats armés montent dans l’autobus, nos passeports élevés au-dessus de nos têtes suffisent et l’on passe d’un côté et de l’autre. Il n’en est pas de même pour les Palestiniens se rendant à Jérusalem qui sont tenus de rentrer avant l’heure fatidique pour éviter des « tracasseries » pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement.

De nombreux témoins nous ont parlé de ce qu’ils vivent au quotidien et l’on peut comprendre qu’une simple étincelle peut mener au pire. Ces mêmes témoins nous ont aussi parlé d’initiatives individuelles qui sont autant de lueurs d’espérance mais que le chemin semble long. Il semble qu’il n’y aura jamais de paix tant que les hommes pourront profiter de la guerre.

A Jérusalem, le mur qui existait jusqu’en 1967 a été détruit. Est et Ouest sont séparés par un mur virtuel. Des colonies s’installent autour de Jérusalem Est… c’est ce que j’appelle la politique du boa visant à isoler le quartier palestinien.
De même des colonies prennent place à l’intérieur du mur, encerclant la ville de Bethléem.

Il est un autre mur, dit « occidental », que l’on nomme mur des lamentations où l’on dépose des intentions de prière… on peut imaginer que le désir de paix y figure en bonne place ! Mais peut-être s’agit-il d’une utopie de ma part.

Rentrant en France, c’était les festivités liées à la chute du mur de Berlin… il y a 20 ans. Je ne peux m’empêcher de penser à tous les murs physiques qui protègent mais aussi isolent, étouffent, emprisonnent : Inde/Pakistan – Corée Nord/Sud – Mexique/USA, Maroc/Sahara, Chypre. Je ne parle pas des autres murs : du silence… de l’argent et des gouffres qui se creusent alors que les murs ne cessent de s’ériger.

Enfin, je ne peux terminer ce billet sans reprendre les paroles d’Isaïe que je souhaite de tout cœur prophétiques : « Le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau, le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon… on ne fera plus de mal ni de violence sur toute ma montagne sainte car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur".

M.K.