jeudi 13 janvier 2011

La retraite avec l'apparition du 4 ème âge

D'après une récente étude, l'espérance de vie des Américains est passée de 77,9 ans à 77,8 ans entre 2007 et 2008. Est-ce enfin une bonne nouvelle ?

Quoiqu’il en soit, il est temps de réagir face à l’amplification de la fracture intergénérationnelle. Les jeunes sont-ils mal partis comme nous le dit Louis Chauvel, sociologue, professeur à Sciences Po et ils sont convaincus qu’ils n'auront pas les mêmes opportunités que les générations précédentes en particulier qu’ils vont fortement cotiser pour des retraites qu’ils n’auront pas mais malgré ce ressenti la solidarité intergénérationnelle en famille reste très forte.

En 1945, lors de la création des régimes de retraite, il était question de 3ème âge. Depuis le système est resté inchangé mais nous vivons de plus en plus nombreux un 4ème âge.

650.00 personnes âgées vivent dans l’une des 10.000 «maisons de retraites» mais elles y rentrent de plus en plus tard : 83 ans et 10 mois en 2007. 75% des personnes âgées de 75 à 84 ans vivent chez elles, comme 57% des personnes de plus de 95 ans.

Dans la suite de ce dossier nous allons faire quelques propositions inédites pour amoindrir la frustration des jeunes, améliorer le sort des retraités en particulier celui des épouses et nous donner les moyens de préparer sereinement notre 4ème âge.

1°) La reversion : à ce jour nos veuves bénéficient de 60% de notre rente. Notre proposition est simple et ne doit pas coûter un centime à la communauté. Il s’agirait de pouvoir opter pour un reversion de 80% mais pour les deux conjoints.

2°) Actuellement les régimes de retraite versent des pensions «ad vitam». Notre proposition consiste à ce que les régimes de retraite versent des pensions uniquement aux personnes du 3ème âge. Mécaniquement ces retraites vont augmenter d’une façon substantielle. Les travailleurs seront rassurés pour leur propre retraite et n’auront pas le sentiment d’être condamnés à remplir le tonneau des Danaïdes.

3° En contrepartie les retraités auront à prendre en main leur 4ème âge. Ils pourront décider de cotiser en conséquence, décider de leur mode d’hébergement : maison spécialisée, logement adapté, rester à leur domicile avec une assistance appropriée et enfin décider de la gestion de leur patrimoine avec des avantages fiscaux conséquents.

- Ils pourront mettre leur biens en vente, location ou viager. De ce fait ils auront à payer un loyer pour leur nouveau logement ou tout simplement la maison de retraite. Il apparaît légitime qu’ils ne subissent pas de taxe ou d’impôt sur leurs opérations immobilières.

- Ils devront pouvoir être rattachés au foyer fiscal d’un ou de plusieurs de leurs enfants en y amenant leur rente mais aussi 1,5 part voire 2 parts.

- Dans le cas de faibles retraites, l’aide apportée par l’un ou l’autre des héritiers doit pouvoir être comptabilisée lors de la succession et/ou le cas échéant être déduite des impôts sur la succession.

4°) La perte d’autonomie augmente avec l’âge. Elle nécessite la mise en oeuvre de moyens correspondants. Ceux ci sont de deux natures :

- des moyens humains pour la toilette, le ménage, la nourriture, l’isolement, les petits travaux. Il appartient à la société d’organiser des services correspondants mais la prise en charge doit être réservée aux familles à faible revenu. Les autres pouvant bénéficier des avantages du chèque emploi service sous forme de crédit d’impôt et non de réduction d’impôt comme c’est le cas actuellement pour les retraités.

- des moyens techniques que l’on nomme gérontechnologie qui concernent essentiellement la sécurité, la surveillance médicale à distance et l’intervention en cas de malaise. Les générations futurs n’auront aucun problème à les adopter. Habituées des réseaux sociaux sur internet, elles sauront même faire face à l’isolement grâce à ces nouvelles technologies : causant, jouant, se distrayant, shopinant à distance.

5°) Maladies et fin de vie. Il nous paraît par contre tout à fait normal que la société et plus particulièrement la sécurité sociale et les mutuelles prennent en charge dans des établissements spécialisés les personnes atteintes de maladies : Alzheimer, Parkinson, Cancer et en fin de vie. A cet effet, il faut encourager les intéressés à faire appel à ces professionnels de la santé et déculpabiliser l’entourage familial.